Les figures d’analogie • Figure de style

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Plan de l’article

Une figure d’analogie est une figure de style qui établit un rapprochement, implicite ou explicite, entre deux éléments.

Le premier, qui fait l’objet de la comparaison, est le « comparé », le deuxième est le « comparant ».

L’analogie se construit sur un rapport de ressemblance, de concordance entre les deux éléments qui sont comparés, en créant une réalité nouvelle.

Elle suscite dans l’esprit du lecteur ou de l’auditeur une image, qui est inattendue, décalée, étonnante, drôle, poétique ou émouvante.

L’analogie frappe ainsi par son pouvoir de suggestion et sa force expressive. Elle fait appel à l’imagination, à l’émotion. Elle donne du relief à ce qui est énoncé.

Elle est un outil efficace pour séduire, convaincre, argumenter, qui est utilisé fréquemment dans la littérature, classique ou contemporaine, dans les discours politiques, dans la presse, dans les slogans publicitaires et les paroles des chansons.

La comparaison, la métaphore, la personnification et l’allégorie constituent les quatre figures d’analogie, que l’on emploie tant dans le langage écrit, soutenu, qu’à l’oral et dans le langage courant :

-> la comparaison : elle établit un lien de ressemblance en rapprochant deux éléments grâce à un mot comparatif.

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Exemple :

Il est fort comme un roc.

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-> La métaphore : elle établit un rapprochement entre deux éléments sans utiliser de mot comparatif.

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Exemple :

Ses mains, deux pinces qui m’agrippent.

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-> La personnification : elle attribue des caractéristiques humaines à un animal ou un objet inanimé.

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Exemple :

Les nuages pleuraient à son enterrement.

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-> L’allégorie : elle personnifie, de façon symbolique, ce qui est abstrait.

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Exemple :

Le temps, ce vampire qui nous aspire.

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La comparaison

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Étymologie : Le mot comparaison vient du latin comparatio, dans le sens de « comparer pour faire ressortir les ressemblances et les différences ».

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La comparaison est une figure d’analogie qui met en évidence la ressemblance entre deux personnes, deux faits ou deux idées, qui ont des points de similitude bien que relevant de deux réalités concrètes différentes.

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La comparaison se construit avec un mot outil (appelé le « comparatif ») qui établit le lien entre le « comparant » (qui fait l’objet de la comparaison) et le « comparé » (ce qui est comparé), un mot comparatif et un point de comparaison.

Le mot outil le plus souvent utilisé est « comme » mais aussi : pareil à, semblable à, similaire à, tel, tel que, de même que, ainsi… que, autant… que, aussi… que, plus… que, moins… que, etc. Le mot outil peut être sous-entendu.

Il peut également être un verbe : avoir l’air, faire l’effet de, paraître, ressembler à, sembler, etc.

Le point de comparaison peut être explicite ou implicite.

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Exemple :

La douceur de sa peau est comme du velours. (le point de comparaison « douceur » est explicite)

Sa peau est comme du velours. (le point de comparaison « douceur » est implicite)

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Le deuxième exemple met en évidence le fort pouvoir de suggestion de la comparaison, qui fait appel à l’imagination, en créant une autre vision pour décrire la réalité.

La comparaison crée ainsi une image et illustre le lien entre les deux éléments comparés selon une vision frappante, poétique, étonnante, décalée, humoristique. Par sa force expressive, elle est un outil efficace de persuasion et d’argumentation.

La comparaison apporte également une information sur le point de vue ou la sensibilité de la personne qui parle. Le contexte et l’intonation en permettront une juste interprétation.

Elle est une figure d’analogie en ce qu’elle établit une transposition entre le comparé et le comparant, qui est détourné de son sens premier.

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Exemple :

Sa maison est comme un énorme champignon au milieu d’une clairière : la formule, imagée et ironique, sous-entend la critique de celui ou celle qui prononce la phrase. La maison ne ressemble pas à proprement parler à un champignon mais est aussi incongrue qu’un énorme champignon, seul dans une clairière où il n’y en aurait pas d’autres.

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Toutefois, la comparaison, lorsqu’elle n’est qu’un procédé explicatif entre deux éléments relevant de la même catégorie, est dite « grammaticale », et n’est pas considérée comme une figure de style. Les termes sont utilisés dans leur sens propre et non dans leur sens figuré.

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Exemples :

Elle a des yeux aussi bleus que ceux de sa mère. (comparaison grammaticale ou simple)

Elle a les yeux aussi bleus qu’un ciel d’été. (comparaison stylistique ou figurative)

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La comparaison est la figure de style la plus utilisée. En littérature, en poésie, au théâtre ou dans les textes de chanson, en politique ou dans la publicité, elle contribue à créer un effet onirique, insolite, fantastique, épique, surréaliste en apportant une autre réalité à l’élément qui fait l’objet de la comparaison.

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Exemples :

« La terre est bleue comme une orange. »

(Paul Eluard, L’amour la poésie, Premièrement)

« Sa barbe était d’argent comme un ruisseau d’avril. »

(Victor Hugo, La Légende des Siècles, Booz endormi)

Telle une bête sauvage prise au piège, elle a hurlé de douleur.

Sacré coup de soleil ! Tu ressembles à un homard !

Elle s’est baignée dans une eau claire comme une coupe en cristal.

Sa colère m’a fait l’effet d’une tempête.

Dépêche-toi ! Tu es aussi rapide qu’un escargot !

Comme un phare dans la nuit, la pleine lune éclairait notre chemin.

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Ne pas confondre

La comparaison et la métaphore sont des figures d’analogie.

L’analogie, lorsqu’elle est explicite, est une comparaison. Elle utilise un outil comparatif.

L’analogie, lorsqu’elle est implicite, est une métaphore.

Exemples :

Son sourire en me quittant a été comme une morsure, j’avais mal. (comparaison)

Son sourire en partant, une morsure. (métaphore)

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Outre la comparaison et la métaphore, les autres figures d’analogie sont la personnification et l’allégorie.

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La métaphore

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Étymologie : Le mot métaphore est issu du mot latin métaphora, lui-même issu du grec metaphora, qui signifie « transport » et, par extension, « changement ».

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La métaphore est une figure d’analogie qui, en quelque sorte, « transporte » le sens littéral d’un mot pour établir une analogie avec un autre élément. Elle établit un rapprochement implicite entre deux personnes, deux faits, deux idées, en jouant sur le sens figuré du mot utilisé comme comparant.

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Elle induit ainsi une autre vision de la réalité, sous la forme d’une image surprenante, inattendue, poétique.

Sa force expressive retient l’attention du lecteur ou de l’auditeur et fait appel immédiatement à son sens de l’imagination et de l’interprétation. L’image est frappante, percutante.

C’est pourquoi la métaphore est une figure d’analogie très souvent utilisée en littérature, en poésie, en politique, au théâtre, dans des slogans publicitaires ou dans les paroles de chansons.

En facilitant la compréhension par les images employées et en donnant plus de relief aux propos, la métaphore est un outil d’argumentation et un moyen efficace de persuasion.

Quelquefois, le mot comparé (qui fait l’objet de la métaphore) n’est pas exprimé.

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Exemples :

Ses yeux, des éclairs, m’accusaient sans un mot.

Miroir d’argent, le lac reflétait les montagnes.

Mes cheveux après un mois de soleil et de baignades ? De la paille !

Il a été mon bras droit pendant dix ans, jusqu’à son départ à la retraite.

Le désert. Voilà ce que deviendra notre village si nous ne favorisons pas l’implantation de nouveaux commerces.

Une flèche en plein cœur, voilà le mal que m’a fait la rupture.

Mon bijou, ma pierre précieuse, mon diamant, je t’aime, ma fille !

« Mon cœur, une tirelire toujours en manque de billets. » (PNL, Tempête)

Le fleuve est pareil à ma peine

Il s’écoule et ne tarit pas.

(Guillaume Apollinaire, Alcools, Marie)

Tous les étés, nous partons un mois dans notre paradis.

Le pouvoir évocateur de la métaphore est fréquemment utilisé dans les domaines culinaires et gastronomiques pour attiser la curiosité et l’envie de découvrir, de goûter, de déguster des « œufs à la neige », une « île flottante » avec des « langues de chat », une purée en « écailles de pommes de terre », un filet de daurade avec sa « neige de fenouil ».

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Ne pas confondre

Métaphore et comparaison sont des figures d’analogie, qui établissent un rapprochement entre deux éléments.

Contrairement à la comparaison, la métaphore n’utilise pas de mot comparatif.

Exemples :

En classe, il gesticule, s’agite, se tortille. Un vrai ver de terre !

En classe, votre fils gesticule et se tortille comme un ver de terre.

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La personnification

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La personnification est une figure d’analogie qui attribue des caractéristiques humaines à un animal ou une chose inanimée. La personnification confère une réalité, une matérialité à ce qui est personnifié, par une transposition inattendue, originale, impertinente.

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Le rapprochement ainsi établi transporte le lecteur ou l’auditeur dans un univers imagé, onirique, fantastique, poétique, émouvant ou humoristique qui retient son attention et facilite sa compréhension.

Il visualise mieux ce qui est énoncé ou décrit. L’image est saisissante, frappante, et reste inscrite dans son esprit.

La personnification est un procédé littéraire utilisé dans les romans, au théâtre, en poésie, dans les contes mais aussi dans les spots publicitaires.

Dans les Fables, Jean de La Fontaine utilise les animaux pour faire comprendre aux êtres humains leurs comportements. Il leur attribue des réactions, des sentiments, des valeurs propres aux personnes.

Par ce procédé imagé et poétique, il instruit le lecteur sur ses propres travers, ses défauts et ses qualités. Par la personnification, Jean de La Fontaine dépeint la société tout entière : les individus qui la composent et les relations qu’ils entretiennent.

Parfois même, on écrit le mot personnifié avec une majuscule, comme pour un nom propre.

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Exemples :

« Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre […]. »
(Jean de La Fontaine, Fables, Les deux pigeons)

« La cigale ayant chanté tout l’été […]. »
(Jean de La Fontaine, Fables, La Cigale et la Fourmi)

« Le Corbeau honteux et confus

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. »
(Jean de La Fontaine, Fables, Le Corbeau et le Renard)

La Vache qui rit. (marque commerciale de fromages fondus de fabrication industrielle)

Je suis désespérée par son départ, mon cœur pleure.

Ses yeux rient à la moindre bêtise.

Son rire explose dès qu’il est content de lui.

Son sourire me tend les bras.

Ta maison est joyeuse.

« La mer qu’on voit danser le long des golfes clairs. »
(Charles Trénet, La Mer)

« Le ciel aussi pleure après la dépression, je trouve l’idée précieuse. »
(
Nekfeu – Risibles Amours)

« Je vois se dérouler des rivages heureux. »
(Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Parfum exotique)

« L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers. »
(Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Parfum exotique

L’ombre du grand chêne me protège et me rafraîchit.

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L’allégorie

L’exemple des Fables de La Fontaine permet d’évoquer une autre figure d’analogie, l’allégorie.

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Étymologie : Le mot allégorie est issu du grec allègoreïn, signifiant « parler autrement ».

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L’allégorie est une figure d’analogie par laquelle une idée abstraite (la vie, la mort, l’amour, le temps, la tristesse, etc.) est incarnée en une représentation concrète.

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Exemple :

« La renifleuse des amours mortes

Elle m’a suivie, pas à pas

La garce, que le diable l’emporte

Elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de carême

Avec ses larges yeux cernés […]

Elle m’attend devant ma porte

Elle est revenue, elle est là

La solitude, la solitude. »

(Barbara, La Solitude)

Dans les Fables de La Fontaine, le lion représente le pouvoir, le renard la ruse, la cigale l’insouciance.

En peinture, on utilise des symboles : la justice est représentée par la balance, la mort par un squelette portant une faux. Dans son tableau La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix représente la liberté par une femme, coiffée du bonnet phrygien, tenant une baïonnette d’une main et un drapeau de l’autre.

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Exemple

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